Témoignage de Sophie, implantée en septembre 2006 à l'hôpital St Antoine
(Paris)

Bonjour,
Je m’appelle Sophie et j’ai 44 ans. Alors mon histoire est simple jusqu’en
Avril 2006 j’étais une parfaite « entendante », j’ai même passé au sortir de mon
bac tous les examens pour être orthophoniste, heureusement que j’ai bifurqué
sinon je serais bien embêtée.
Tout à commencé un dimanche soir par une sensation de manège enchanté qu’on à
attribué à un déplacement des cristaux de l’oreille. « Très désagréable » m’a
dit le médecin « mais parfaitement bénin » .
Ben voyons, 5 heures après j’étais sourde d’une oreille, je me suis couchée en
me disant que puisque c’était bénin demain ça irait mieux.
Et bien non, patatrac, à 8 heure du matin qu’elle ne fut pas ma surprise de me
retrouver dans un silence absolu. Impensable j’habite avenue de la République à
Paris et même avec les doubles vitrages je vis dans un environnement sonore.
C’est alors que j’essaye d’appeler mon fils et la silence radio.
Je vous passe l extrême moment de panique où je me suis rendu compte que je ne
pouvais même pas appeler le SAMU ou un taxi….
Bref après une semaine passée à l’hôpital LARIBOISIERE sensé être spécialisé en
ORL. J’étais toujours sourde comme un pot et les perfusions de cortisone
n’agissaient pas.
C est à ce moment là que j’ai découvert les joies de l’ardoise magique et le
manque de perspicacité de certains soignants qui s’évertuaient à faire de la
gymnastique faciale sans se soucier que je n’avais pas encore eu mon premier
cours de lecture labiale.
Bref je suis orientée en médecine interne à la pitié et là 3 longues semaines
s’écoulent, toujours dans un silence absolu.
On a quand même fini par découvrir que je souffrais d’une méningite ce qui
expliquait ma surdité brusque.
LA TUILE
Dans mon malheur, l’ORL qui s’occupe de moi à l’hôpital me prescrit un appareil
d’aide auditive mais me parle tout de suite de l’implant cochléaire. Il est
d’ailleurs en relation avec les équipes du Professeur Meyer et ne manque pas de
lui adresser un courrier.
Quelle sensation bizarre quand je me suis retrouvée au supermarché pour remplir
mon réfrigérateur je n’était pas encore appareillée et tout était silence .
Une fois appareillée j’ai très vite compris que je n’arriverai pas à mener
une existence normale et l’implant était la petite étoile qui me mènerait à une
solution.
J’ai donc très rapidement pris rendez vous à SAINT ANTOINE, avec mes IRM et
scanners sous le bras . Le Professeur était un peu sceptique car il avait peur
que mon nerf soit atteint. Il m’a donc prescrit un nouvel IRM et il a pratiqué
une stimulation électrique sous anesthésie locale pour vérifier que j’étais
implantable.
Je n’ai jamais eu aussi peur de ma vie même devant les résultats du Bac.
Tellement peur que mon nerf soit touché….
On m’avait juste dit si vous entendez un bruit vous serrez la main de l
infirmière
À vos cotés. Elle a du le sentir passer car j’ai serré aussi fort que ma joie
était grande, la pauvre.
Il a fallu attendre 2 semaines pour que la cicatrisation se fasse et le 21
Septembre je rentrais à tenon pour l’implantation.
Sans vouloir lancer des fleurs un service super sympa et à l’écoute.
Après la découverte dans un miroir de ma tête enrubannée, à mon retour du bloc,
ma mère a cru bon de me dire que j’avais bonne mine…. Là fallait pas exagérer
ceci dit j’étais en forme.
Pas de vertige, aucune nausée, étant une fumeuse invétérée j’ai même enfreins la
promesse de ne pas me lever pour aller tirer une petite goulée de nicotine à la
fenêtre, quelle accro je fais.
Le lendemain à 8 heure le Professeur Meyer est venu prendre de mes nouvelles il
m’a dit qu’il avait rarement fait une intervention aussi rapide et facile. Pour
une fois ça change de mes galères habituelles. J’étais donc rassurée.
Ma seule petite misère s’est produite le samedi soir ( opérée le vendredi), en
raccompagnant ma maman à sa voiture elle me dit « dis donc tu as l œil un peu
gonflé! »
Un peu non beaucoup oui, 3 heures après on aurait dit Mohamed Ali après un
terrible combat. Seuls des sacs avec des glaçons m’ont été accordés car pour la
réussite de l’intervention il ne fallait ni corticoïde ni anti inflammatoire. Le
lendemain en allant au distributeur de café un vieux monsieur m’a questionnée
« Que vous est il arrivé vous avez reçu un projectile sur la tête? »
Alors devant son air désolé je lui ai expliqué que pas du tout et que j’étais au
top de ma forme. A quatre heure, comme j’avais faim je me suis armée d’un
foulard et de lunettes de soleil pour avoir le courage de rentrer dans la
boulangerie d’à côté.
Enfin des souvenirs rigollots avec le recul.
Que dire après, bien sur de l’impatience, j’avais lu tous les témoignages sur le
site mais tant qu’on avait pas fait les premiers tests je n’étais certaine de
rien.
Arrive le jour fatidique et magique comme je pense pour tous les implantés :
LE PREMIER REGLAGE ET LE TEST DES ELECTRODES
Magique je crois qu’on est tous d’accord je savais que les voix seraient
métalliques mais dès qu’on a eu terminé le premier réglage et qu’on m’a branchée
je comprenait ce qu’on me disait. J’ai d’ailleurs vu récemment un DVD du
parcours d’un implanté où on le voit très ému, lors de cette séance, j’en avais
les larmes aux yeux.
Bien sur il a fallu rendre le joujou et là ce fut dur de repartir du service.
Je suis rentrée chez moi et j étais excitée comme une puce. Une semaine c est
écoulée et à mon deuxième réglage je repartais avec l’objet de tous mes désirs.
Quelle joie de retrouver une meilleure compréhension du langage, les
miaulement de mon persan, la sonnerie de l interphone, enfin bref tout ce qui
parait normal aux oreilles d’un bien entendant et qui sont des embûches pour
nous.
Alors voila nous sommes en janvier 2007 je suis équipée d’un Freedom Cochlear
depuis octobre et je ne lasse pas des progrès que je fais chaque jour.
Mon orthophoniste Lucille Monneron qui fait partie du staff de saint Antoine est
devenue presque une intime puisque je la voie 2 fois par semaine.
Après une ou deux séances où nous avons travaillé sur des mots simples (on ne
fait travailler que l’implant), me voici bercée régulièrement par les aventures
du petit Nicolas . Depuis peu nous travaillons avec la radio en marche et elle
me lit en se déplaçant dans la pièce des dialogues de pièce de théâtres ou
sketches. A chaque séance c’est la surprise. Je commence à ré apprécier la
musique sur mon MP3 surtout avec des morceaux que je connaissais avant, ainsi ma
mémoire m’aide dans cette rééducation. La télé avec un casque c’est impeccable,
sans: je commence à y arriver, quand au téléphone armée d’un casque genre la
soupe aux choux je m’en sort plutôt pas trop mal. Et ça pour la vie de tous les
jours c’est super important. Bon ce n’est pas pour autant que j’abandonne
Messenger qui est un de mes plus fidèles amis depuis mes mésaventures.
Que vous dire d’autre, et bien j’ai découvert une solidarité dans cette épreuve,
que je n’avais jamais trouvée auparavant. L’entraide sur le forum du cisic est
fantastique et je me sens âme d’une guerrière lorsque je rencontre un futur
implanté qui a encore des doutes, d’ailleurs quand il me quitte il est souvent
décidé. Alors ne doutez plus foncez et bon courage
Sophie
Implantée Cochlear Freedom
Octobre 2006
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